Collège Saint-Joseph

Vitrail représentant deux ecclésiastiques devant des plans architecturaux et des bâtiments conventuels, sur un fond rouge et rose avec un sol en damier noir et blanc.

La première scène de cette verrière, qui dans son ensemble illustre l’histoire des institutions religieuses et laïques de l’Acadie, est intitulée « Collège Saint-Joseph ». C’est en 1864 que se déroule ce chapitre de l’histoire, alors que le Collège Saint-Joseph, sous la supervision de la congrégation religieuse des Pères de Sainte-Croix, devient la première université francophone des provinces atlantiques.

Visible en arrière-plan sur le vitrail, cet établissement ouvre ses portes à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, dans le même édifice qui deux ans auparavant abritait le séminaire Saint-Thomas. L’œuvre du collège (devenu université en 1898), comme la plupart des institutions d’enseignement de l’époque, est fortement ancrée dans la religion, qu’il s’agisse de ses pères fondateurs, de ses enseignants et administrateurs, ou de l’ajout d’une chapelle annexe en 1869. L’ouverture d’un établissement d’enseignement supérieur acadien marque un tournant dans l’histoire du peuple acadien ; depuis les événements de la déportation et du siècle précédent, il tente de reprendre contrôle de son sort et de se tailler une place au sein d’une société qui a changé en son absence. Le développement d’instruments culturels tels que le collège est l’expression première des revendications de l’Acadie lors de sa Renaissance. Dès lors, les Acadiens sont en mesure d’obtenir une éducation supérieure dans leur propre langue, au même titre que les anglophones le sont. Le collège, l’une des principales instances de la volonté acadienne de l’époque, devient d’ailleurs le lieu de la première convention nationale acadienne en 1881.

Sur l’œuvre de Labouret figurent deux personnages d’une grande importance dans la fondation du Collège Saint-Joseph. À droite, on retrouve le père Camille Lefebvre de la congrégation de la Sainte-Croix, nouveau curé de Memramcook, et fondateur principal de l’université. Il pointe du doigt un plan de l’établissement, et, main levée, commande l’attention vers lui. L’histoire se souvient de lui pour sa diplomatie et sa détermination qui le poussent, jusqu’à la fin de ses jours en 1895, à travailler avec acharnement afin de s’assurer de la longévité de l’institution. À sa gauche est le père François-Xavier Lafrance, qui fonde lui-même en 1854 le collège Saint-Thomas. Cet établissement prédécesseur, contrairement au collège Saint-Joseph, n’est pas considéré comme universitaire, et ne reçoit pas de soutien de l’évêque ; il ferme donc ses portes en 1862. Mais, il pose tout de même les bases d’une Acadie avec une riche tradition d’enseignement supérieur.

Jusqu’en 1963, le Collège Saint-Joseph forme des générations d’Acadiens qui contribuent ensuite au développement social, économique et culturel de leur communauté. S’il cesse ses fonctions universitaires en 1963, c’est pour fusionner avec d’autres collèges et ainsi fonder l’Université de Moncton actuelle, la plus grande université francophone hors Québec du pays. Sur son campus de Moncton, les résidences Lafrance et Lefebvre, nommées en l’honneur des deux pères fondateurs des études supérieures acadiennes, accueillent des étudiants venus de partout en Acadie, et de partout au monde.

Titre : Le père Camille Lefebvre fonde le collège Saint-Joseph et s'y consacre jusqu'à la fin de ses jours, en 1895.
Source : ©Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson

Titre : Portrait de l'abbé François-Xavier Lafrance, curé de Memramcook et fondateur du séminaire Saint-Thomas.
Source : ©Collection Musée acadien de l'Université de Moncton

Titre : Le collège Saint-Joseph, vers 1910
Source : ©Collection Musée acadien de l'Université de Moncton 1994-450

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