Inauguration de la Cathédrale
Cette scène, intitulée « Inauguration de la Cathédrale », représente le point culminant, à cette époque, du long combat entrepris voilà presque deux siècles par le peuple acadien pour assurer sa survivance. En 1755, les Acadiens sont déportés et emportés loin de l’Acadie. En 1939, le premier archevêque acadien bénit la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, le premier établissement de cette ampleur construit à la fois par les Acadiens, et pour les Acadiens. À ce jour, la Cathédrale, Monument de la reconnaissance acadienne, demeure l’un des plus imposants éléments du patrimoine de l’Acadie.
Le rêve de construction d’une Cathédrale en est un qui, pour les Acadiens, part de très loin. 40 ans avant que ne débutent les travaux, la communauté acadienne peine encore à se tailler une place dans l’Église catholique dirigée par un clergé irlandais. En 1912, le premier évêque acadien est nommé en la personne de Mgr Édouard Alfred LeBlanc, un tournant dans l’histoire religieuse de l’Acadie ; le rêve devient alors plus vraisemblable. En 1914, Mgr Henri D. Cormier devient le premier curé de la paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption, un établissement dont la crypte-chapelle servira de base à la future Cathédrale ; à partir de là, tout s’enchaîne très vite.
Lorsque les travaux de construction débutent en 1939, un premier archidiocèse néo-brunswickois (et acadien!), celui de Moncton, opère déjà depuis 1936, preuve des avancées du peuple acadien depuis la nomination de Mgr LeBlanc. À la tête de ce nouvel archidiocèse est Mgr Arthur Melanson, ancien évêque de Gravelbourg et fondateur de la congrégation des Filles-de-Marie-de-l’Assomption. Entré en fonction en 1937, c’est sous sa supervision que voit enfin le jour, le 21 novembre 1940, la toute première Cathédrale acadienne. Ce projet est, pour la communauté acadienne, un réel coup de maître : le 13 juin 1939, Mgr Melanson bénit déjà la pierre angulaire du bâtiment, dont les travaux n’ont été entrepris que quelques mois auparavant, le 24 avril 1939. En moins de deux ans, la Cathédrale est prête à être inaugurée.
Cette inauguration, telle que représentée par l’œuvre de Labouret, se déroule en présence de l’Archevêque, Mgr Melanson, illustré au centre de la scène, mais également d’autres évêques, prélats et fidèles de l’Acadie et du Nouveau-Brunswick. Aux côtés de Mgr Melanson, à gauche et à droite respectivement, sont illustrés Patrice-Alexandre Chiasson, évêque de Bathurst, et Patrick Albert Bray, évêque de Saint-Jean. L’archidiocèse compte en effet les diocèses de Bathurst, de Saint-Jean et d’Edmundston parmi ses suffragants. Également présent à l’inauguration, mais non illustré sur le vitrail, est l’archevêque de Québec, Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, un ami de longue date de Mgr Melanson.
Au-delà du travail de l’architecte Louis Napoléon Audet, la Cathédrale regroupe des créations de divers artistes, acadiens autant qu’européens, parmi lesquels figure Auguste Labouret, dont cette verrière est l’œuvre. Cet hommage à l’Acadie sur le vitrail est l’une des premières œuvres à être installée dans la Cathédrale, et elle exemplifie, par sa nature à la fois historique et symbolique, l’esprit de la Cathédrale : l’esprit d’un Monument de la Reconnaissance.
Titre : Mgr Louis-Joseph-Arthur Melanson lors de l’inauguration
Source : ©Archives provinciales du Nouveau-Brunswick P146-203
Titre : Mgrs Bray et Chiasson lors de l’inauguration
Source : ©Archives des Filles de Marie-de-l’Assomption









