La société mutuelle de l’assomption

Ce deuxième triptyque, dont les panneaux sont intitulés « Fondation de la société », « de l’Assomption – 1903 » et « caisse écolière », est une représentation de la fondation d’une première grande association acadienne : La Société mutuelle de l’Assomption. À l’époque de sa fondation en 1903, il s’agit d’un effort de structuration et d’administration de la communauté acadienne, qui, outre quelques fonctionnaires élus et quelques assemblées générales, ne possède pas d’organisation concrète. C’est avec comme mission centrale l’unification et l’entraide du peuple acadien que la Société de l’Assomption commence donc à opérer.

La Société voit le jour lors d’une assemblée du congrès national acadien à Waltham, au Massachusetts. Historiquement, le Massachusetts (anciennement colonie du Massachusetts) fut l’un des lieux d’accueil des Acadiens déportés de 1755, une communauté acadienne d’une certaine envergure s’étant donc formée dans l’État. À l’époque, soit vers la fin des années 1800 et jusqu’au début des années 1900, l’Acadie de l’est du Canada entretient une relation de nécessité avec les États américains : le taux de chômage est élevé parmi les Acadiens, ce qui en pousse plusieurs à émigrer aux États-Unis en quête d’emplois. La Nouvelle-Angleterre, particulièrement, accueille beaucoup d’Acadiens pendant de nombreuses années. La Société de l’Assomption s’impose donc à l’époque comme une façon de remédier à cette situation ; en plus de contribuer à la sauvegarde de la langue et de la culture acadienne, et de porter secours aux malades et aux orphelins, elle vient en aide aux sans-emplois.

Le premier panneau du triptyque, « fondation de la société », relate le chapitre de son histoire qui concerne le congrès de Waltham. On peut observer sur la vitre des Acadiens rassemblés, enfants comme adultes, et attentivement à l’écoute. Derrière eux, un symbole religieux, celui de Jésus sur sa croix, nous rappelle le rôle primordial que joue encore la religion sur l’identité acadienne à l’époque : la Société, après tout, tire son nom de l’Assomption de Marie. C’est sans coïncidence qu’est prise cette décision, Marie ayant été la patronne de l’Acadie depuis plus d’un siècle à ce moment. En 1913, le siège social de la Société est transféré à Moncton, et son œuvre auprès de la communauté acadienne se perpétue.

Représentés sur le deuxième panneau sont trois hommes, dont seul celui du milieu est identifié. Il s’agit de Rémi Benoit, qui préside les débuts de la fondation. Cet acadien originaire de la Nouvelle-Écosse est parmi ceux ayant émigré en Nouvelle-Angleterre lors des années précédentes, à la recherche d’un emploi. Le doigt levé, il commande sur lui l’attention du public illustré sur les deux autres panneaux, et cherche à venir en aide à ceux qui se retrouvent dans une situation similaire à la sienne d’auparavant.

Le dernier panneau, « Caisse écolière », représente l’aspect éducatif de la Société mutuelle, avec à gauche le fondateur de cette Caisse, Dominique Léger. Originaire de Memramcook, il émigre en Nouvelle-Angleterre à la recherche d’un emploi, comme l’ont fait Rémi Benoit et bien d’autres avant lui. C’est en faveur des jeunes Acadiens qu’il ouvre cette Caisse écolière, sensée contribuer à l’éducation des enfants. En dix ans, la Caisse permet bien l’instruction de 85 garçons, et par la suite de nombreuses filles. Sur cette scène, Léger est illustré entouré de personnages non identifiés, dont un prêtre, tous écoutant attentivement Rémi Benoit présidant sur l’assemblée. Derrière eux se trouve un symbole religieux et un clin d’œil à la Société : une statue de Marie dans son Assomption.

À ce jour, la Société de l’Assomption, maintenant connue simplement comme Assomption Vie, continue d’opérer et d’offrir des services financiers partout au Canada. Son siège social, facilement reconnaissable par sa taille, surplombe encore Moncton, et continue de venir en aide aux Acadiens, toujours bien présents dans la ville.

Bg a propos bottom edge