Les filles de Marie de l’Assomption
Ce troisième triptyque est dédié visuellement et entièrement aux femmes. La scène « Les Filles de Marie de L’Assomption » est en effet une représentation en trois panneaux des Filles-de-Marie-de-L’Assomption, une congrégation religieuse féminine vouée à l’enseignement.
Les Filles-de-Marie-de-l’Assomption voient le jour en 1922, sous l’initiative d’un autre personnage marquant de l’histoire de l’Acadie : Arthur Melanson, futur archevêque, alors curé de Campbellton. Il fonde la congrégation, justement à Campbellton, avec comme but de fournir une éducation en français aux jeunes de sa paroisse. C’est en 1924 que les premières sœurs des Filles-de-Marie-de-L’Assomption prononcent leurs vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance à Dieu, comme l’exige la profession religieuse.
Dès sa fondation, la congrégation est mise sous la direction de la sœur Edmée Martin, qui en assure la direction, et à laquelle succèdent éventuellement les sœurs Mary Greene et Estelle Babin. Le premier panneau du triptyque illustre quatre sœurs, dont trois voilées en noir et l’une en blanc, toutes avec les mains jointes sur le cœur ou en prière. Derrière elles, l’établissement que l’on peut observer à une distance est la Maison-Mère de la congrégation. Elle est érigée en 1929 à Campbellton, soit deux ans après les vœux éternels des sœurs en 1927 ; aujourd’hui encore, l’édifice se trouve dans la Baie-des-Chaleurs. Les liens unissant les Filles-de-Marie-de-L’Assomption à la construction de la future Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption sont nombreux : on constatera que leur fondateur, Arthur Melanson, sera l’initiateur des deux projets, mais également que l’architecte de la Maison-Mère, Louis-Napoléon Audet, dessinera la future Cathédrale.
Le deuxième panneau voit encore quatre sœurs illustrées, cette fois toutes voilées en noir. Entre elles, on peut observer une statue de la Vierge Marie, soit la figure emblématique qui vaut aux sœurs de Marie de L’Assomption leur nom. Il s’agit d’une énième preuve du lien qui unit l’Acadie à sa protectrice. Les jeunes acadiennes qui rejoignent la congrégation dès ses débuts sont donc vouées à la cause religieuse, éducative, et, bien entendu, à Marie ; en septembre 1922, avant même que la construction de l’Académie ne soit terminée, onze premières jeunes filles commencent à former quelques centaines d’élèves de la paroisse de Campbellton.
Sur le troisième panneau sont encore une fois visibles quatre sœurs, chacune ayant la tête baissée en prière. En observant l’œuvre dans son ensemble, on peut constater que c’est à la statue de Marie du deuxième panneau que les sœurs des premiers et troisièmes panneaux prient. L’œuvre de ces religieuses ne se limite pas à Campbellton ni au Nouveau-Brunswick ; très rapidement, elle rayonne au-delà de la province. Les sœurs de Marie de l’Assomption, filles spirituelles d’Arthur Melanson, continuent pendant plus d’un siècle à enseigner, à recueillir les orphelins et à secourir les démunis.
Le premier décembre 1956, la congrégation reçoit l’approbation pontificale du pape Pie XII. À ce jour, elle œuvre encore à la cause religieuse et éducative, en Acadie et ailleurs.












