Les sœurs de la Sainte Famille

Vitrail religieux composé de plusieurs registres : en haut, le Christ en croix ; au centre, la Sainte-Famille et en bas, trois religieuses en habit noir portant des croix et des chapelets. L’inscription « Ste Famille 1899 » est visible à la base.

La scène intitulée « Les sœurs de la Sainte Famille » montre justement la congrégation religieuse féminine des Petites Sœurs de la Sainte Famille, qui œuvre, depuis les années 1870, au développement de l’éducation en Acadie. Ce panneau, le plus grand de la verrière, illustre une partie de l’histoire des sœurs, soit celle de leurs tous débuts à Memramcook, en 1874.

Il importe d’abord de se pencher sur la partie supérieure de la scène, qui regorge d’imagerie religieuse. On y observe, tout au sommet, un personnage qui ne peut qu’être Jésus sur la croix. Derrière lui est d’ailleurs visible la silhouette d’une croix, de laquelle émanent des rayons éclairant le reste de la scène. Sous lui, c’est un moment différent de son histoire : Jésus, encore bébé, est dans les bras de sa mère, Marie, avec à leur gauche son père, Joseph. La présence de cette famille sur le vitrail mettant en scène les Sœurs de la Sainte Famille est très intentionnelle ; dans le christianisme, la « Sainte Famille » est celle composée de Jésus et de ses parents, et c’est en leur honneur que les sœurs adoptent ce nom. La Sainte Famille leur sert donc de guide, ce que semblent indiquer les rayons qui émanent de Jésus sur sa croix.

Ensuite, sous la Sainte Famille, sont justement visibles les sœurs de la Sainte Famille. Au centre, on aperçoit la sœur Marie-Léonie Paradis, née Alonie-Virginie Paradis, et fondatrice de la congrégation. C’est en 1874, alors qu’elle pratique sa vocation de sœur et d’éducatrice depuis une vingtaine d’années, que le Collège Saint-Joseph fait appel à ses services. Aussitôt arrivée à Memramcook, elle prend charge des novices de l’établissement, et, en 1880, elle fonde l’institut des Petites sœurs de la Sainte-Famille. Dès leurs débuts, les sœurs se vouent à l’œuvre de l’éducation et viennent en aide aux religieux de Sainte-Croix, fondateurs et administrateurs du Collège Saint-Joseph. Tout au long de sa vie, Marie-Léonie Paradis fonde diverses communautés de l’institut, qui, elles, soutiennent de multiples collèges et continuent de former des religieuses jusqu’à longtemps après la mort de leur créatrice. L’institut de sa création reçoit l’approbation canonique la consacrant à son œuvre en 1896, et sœur Marie-Léonie est elle-même béatifiée en 1984 (la béatification étant la déclaration d’une personne chrétienne comme ayant pratiqué de façon exemplaire les vertus de sa religion). Le 20 octobre 2024, elle est canonisée par le pape François et faite sainte de l’Église catholique.

Sur l’œuvre de Labouret, la sœur Marie-Léonie Paradis est représentée aux côtés de deux autres sœurs ; elles sont toutes les trois vêtues sobrement et traditionnellement des habits caractéristiques de leur congrégation. Les deux sœurs qui encadrent Marie-Léonie, bien que non identifiées, représentent la croissance de l’institut des Petites sœurs de la Sainte-Famille, qui au décès de sa fondatrice en 1912, compte plus de 600 membres répandus au Canada et aux États-Unis. L’institut est à cette époque nouvellement basé à Sherbrooke, mais son œuvre envers l’éducation en Acadie continue, et n’en est aucunement amoindrie.

Titre : Mère Marie-Léonie Paradis, qui sera béatifiée en 1984.
Source : © Archives des Petites Sœurs de la Sainte-Famille

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