Notre-Dame-du-Sacré-Cœur

Ce quatrième triptyque, comme le précédent, est dédié à une congrégation religieuse féminine, cette fois celle de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. À l’époque de la création de cette congrégation, le Collège Saint-Joseph de Memramcook assurait uniquement l’enseignement des garçons, une facette qui inquiétait le Père Camille Lefebvre, premier directeur du collège. C’est Suzanne Cyr, éventuelle fondatrice de la congrégation, qui répond à l’appel du Père Lefebvre, dont l’objectif est clair : permettre aux femmes acadiennes d’accéder à l’éducation.

Suzanne Cyr fait alors partie de la congrégation des « Sisters of Charity of the Immaculate Conception » (Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception) à Saint-Jean, la première communauté anglophone de la sorte au Canada. Elle et 52 de ses compagnes quittent, en 1873, les Sisters of Charity, et fondent à Memramcook les Religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. C’est juste à côté du Collège Saint-Joseph que se situe leur tout premier couvent, et, dès son ouverture, les sœurs commencent à œuvrer envers l’éducation de jeunes filles acadiennes.

Le premier panneau dont est constituée cette scène, intitulé « Marie-Anne » en l’honneur de Suzanne Cyr, représente deux religieuses, l’une avec les mains ouvertes et l’autre en position de prière, faisant face à un personnage que l’on suppose être la Vierge Marie. Dans ses bras, elle tient un enfant qui ne peut qu’être le sien, soit Jésus. La symbolique de cette scène se rapporte au nom de la congrégation, « Notre-Dame-du-Sacré-Cœur », une référence, justement, à Marie, comme le sont énormément de communautés et d’établissements religieux acadiens. Les sœurs de la congrégation se dédient ainsi à Marie, et font de l’enseignement leur vocation. Ces 53 religieuses, âgées pour la plupart de 23 à 28 ans, contribuent, pour des générations, à assurer une éducation de qualité aux jeunes Acadiennes.

Sur le deuxième panneau, on peut constater la présence de la Sœur Marie-Anne (Suzanne Cyr), au centre d’un rassemblement de religieuses. C’est à l’âge de 73 ans qu’elle entreprend le projet de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, et ses 50 ans de vie religieuse font d’elle la candidate parfaite pour mener à bien cette tâche. À ses côtés, dans la réalité, tout comme sur le vitrail, se forme le tout premier conseil général de la congrégation. Ce dernier remplit les fonctions administratives nécessaires et gère l’œuvre religieuse et éducative des sœurs ; il est composé des sœurs Adélia d’Amours, Élizabeth Richard, Agnès Leblanc et Dométhilde Melanson, illustrées ici aux côtés de Suzanne Cyr.

Dans le troisième panneau, on constate trois sœurs, toutes en position de prière ; derrière elles, la maison mère de la congrégation. Située à Memramcook, cette maison est agrandie peu après sa construction, preuve de l’ampleur que prend le travail des sœurs. Aussitôt, s’ajoutent au couvent du Collège Saint-Joseph d’autres établissements, dont ceux de Shédiac, de Saint-Anselme et de Petit Rocher.

Pendant des générations, les sœurs de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur continuent d’offrir aux jeunes femmes acadiennes une éducation de qualité, une œuvre monumentale pour laquelle l’Acadie est redevable.

Bg a propos bottom edge