Fondation de l’Acadie

Vitrail coloré représentant deux colons européens se tenant debout, vêtus de tuniques et de bottes, face à deux personnages autochtones. Un des Autochtones, vêtu d’un manteau rouge et d’une coiffe à plumes, tend un panier doré vers les colons, tandis qu’un navire à voiles blanches navigue sur la mer.

La première scène, intitulée « Fondation de l’Acadie », illustre justement l’origine de l’Acadie, à partir de l’arrivée des Français à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse.

Dès les années 1500, les Français explorent le Canada actuel et rencontrent son peuple, les Premières Nations. Celles-ci influent grandement sur la fondation et la survivance des arrivants français. C’est en 1604, après avoir exploré la baie de Fundy, qu’un premier groupe de Français mené par Samuel de Champlain, Dugua de Mons et Jean de Biencourt tente de s’installer à l’Île Sainte-Croix, près du Nouveau-Brunswick actuel. La tentative échoue lamentablement : les conditions météorologiques ne sont pas propices à l’établissement d’une colonie, et l’hiver 1604 voit le décès d’au moins 36 des 80 colons, principalement des suites du scorbut. En 1605, un nouvel emplacement voit le jour sous de meilleurs auspices, et Port-Royal devient le premier établissement permanent des Français ; marquant ainsi la naissance de l’Acadie.

Lors des années suivantes, principalement de 1607 à 1610, le nouveau peuple acadien solidifie son monopole commercial, notamment grâce à la contribution des Mi’kmaq et des Wolastoqiyik, les deux Premières Nations de ce territoire. C’est par la chasse et la cueillette que les Mi’kmaq assurent leur subsistance, par exemple en ramassant des œufs d’oiseaux aquatiques, tandis que les Wolastoqiyik se tournent vers la culture du maïs. Ces peuples autochtones partagent avec les nouveaux arrivants leurs connaissances du territoire et leur nourriture, les aidant ainsi à survivre aux hivers rigoureux.

L’œuvre de Labouret tente de capturer, en un seul panneau, cette histoire complexe qu’est la fondation de l’Acadie. Cette première scène de la verrière ouest privilégie donc la relation entre les Français et les Premières Nations, plutôt que les aspects techniques de l’établissement d’une colonie. En revanche, cet aspect est tout de même illustré ; au sommet du vitrail sont visibles deux bateaux, méthode de transport par excellence de l’époque, et représentation des efforts d’exploration des Acadiens.

Quatre personnages sont présents dans cette scène, commençant par, à gauche, Samuel de Champlain. Directement à sa droite, Louis Hébert, un apothicaire, et le chef Mi’kmaq Membertou. Ceux-ci, de bons représentants de la relation établie entre les Acadiens et les Autochtones entre 1607 et 1610, auraient échangé leurs savoirs sur les plantes médicinales ; Membertou aurait également veillé sur l’habitation des premiers Français, et Hébert aurait soigné le chef Mi’kmaq Membertou avant sa mort en 1610. Enfin, aux côtés de Membertou, se trouve un Autochtone non identifié, mais que l’on peut supposer être un Wolastoqiyik, puisqu’il présente aux Français un plat de maïs, une spécialité du peuple.

Cette scène, la première des vingt qui constituent l’œuvre de Labouret, voit ses personnages poser les bases de ce qui deviendra la riche histoire du peuple acadien.

Titre : Carte du bassin de Port-Royal tracée par Samuel de Champlain vers 1605
Source : ©Bibliothèques et Archives nationales du Québec

Titre : Estampe d’Azarie Couillard-Després (1918) : Louis Hébert semant
Source : ©Bibliothèques et Archives Canada C-016952

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