La Ratification

Vitrail vertical représentant un homme agenouillé qui reçoit un parchemin d’un autre homme assis sur un trône orné, tandis que deux autres personnages observent l’événement. L’arrière-plan présente un bâtiment en dôme. L’inscription « La Ratification » et trois motifs représentant des feuilles d’érable sont dans la partie inférieure du panneau.

La scène finale de la verrière ouest du transept est « La Ratification », et il s’agit du dernier chapitre de l’histoire de l’Acadie avant la construction de la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption. C’est en 1938 qu’a lieu l’événement de ce panneau, le point culminant de la longue histoire unissant l’Acadie à sa protectrice et sa patronne. En 1938, le pape Pie XI proclame le 15 août, fête de l’Assomption et fête nationale de l’Acadie, comme fête patronale.

Une fête patronale est celle qui célèbre le saint patron d’une communauté ou d’une paroisse, et dans le cas de l’Acadie, il s’agit d’une officialisation du fait établi depuis ses tout débuts : Marie est la sainte patronne de l’Acadie, et c’est elle que le peuple prie, elle que le peuple remercie, elle à laquelle le peuple se dévoue. L’hymne national, la fête nationale, et le drapeau de l’Acadie sont tous, d’une façon ou d’une autre, dédiés à Marie. « La Ratification » est donc la reconnaissance ultime, par le chef de l’Église catholique, de la dévotion du peuple acadien à Marie. Sur le vitrail de Labouret, est en effet illustré le pape, assis sur la gauche, tenant en main le décret apostolique tant attendu ; celui déclarant la fête patronale de l’Acadie à la même date que l’Assomption. À ses pieds, recevant le décret, se trouve l’un des personnages les plus importants de l’histoire de l’Acadie.

Mgr L.-J.- Arthur Melanson, premier archevêque de Moncton, premier archevêque acadien, et grande figure bâtisseuse de l’Acadie, fait ainsi son apparition sur l’œuvre de Labouret. C’est après des décennies d’efforts par des personnages tels que Mgr Édouard Alfred LeBlanc, que fut créé en 1936 l’archidiocèse de Moncton, à partir de quoi tout s’enchaîne très vite. Entré en fonction le 22 février 1937, Mgr Melanson assure lors de son épiscopat la construction d’un élément du patrimoine acadien qui brille toujours aujourd’hui : la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, Monument de la Reconnaissance acadienne.

La contribution de Mgr Melanson à ce travail monumental s’étend jusqu’à ce vitrail lui-même sur lequel il figure : c’est lui qui donne à l’artiste Labouret son approbation, après quoi est installée son œuvre dans la Cathédrale. En 1941, il décède, mais aujourd’hui encore l’héritage qu’il lègue à l’Acadie se fait toujours sentir.

À ses côtés sur cette scène, figurent également Patrice-Alexandre Chiasson, évêque de Bathurst, et Andrea Cassulo, délégué apostolique au Canada, tous deux ayant joué un rôle majeur dans l’obtention de « La ratification ». L’Acadien, Chiasson, et l’Italien, Cassulo, œuvrent ainsi avec Mgr Melanson à la reconnaissance d’un des symboles les plus importants pour la communauté acadienne.

Enfin, bien que l’histoire de l’Acadie représentée sur l’œuvre de Labouret se conclut en 1938, elle demeure, à l’intérieur et hors des murs de la Cathédrale, très riche ne fait que s’enrichir encore. Les éléments du patrimoine acadien dédiés à Marie restent présents, et bien que les temps changent, et que leur signification s’estompe, ils sont profondément inscrits dans l’histoire de l’Acadie.

Titre : Le premier archevêque acadien, Mgr Louis-Jospeh-Arthur Melanson
Source : ©MR21

Titre : Mgr Patrice-Alexandre Chiasson est évêque du diocèse de Bathurst, auparavant nommé Chatham, de 1920 à 1942
Source : ©Archives provinciales du Nouveau-Brunswick P485-74b

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