Port-Royal
La troisième scène de cette verrière, intitulée « Port-Royal », illustre une autre étape de la fondation de l’Acadie, plus précisément celle des racines de la religion catholique en Acadie. Le catholicisme est historiquement un aspect important de l’identité acadienne, et dès leurs débuts, les colonies emboîtent le pas à la France, nation consacrée à la Vierge Marie.
À l’époque, c’est-à-dire au début des années 1600, alors que les colons viennent de s’établir en Nouvelle-France, l’Église et l’État font front commun, les religieux bénéficiant d’une influence massive. Cela n’est unique ni au territoire français, ni à ce siècle, l’histoire du pouvoir de l’Église étant plus longue que celle de la France.
Cette scène de la verrière de Labouret concerne un tout petit volet de cette histoire, celle de l’établissement des premières institutions religieuses à Port-Royal. Six personnages sont illustrés, dont deux seuls sont identifiés : à l’avant-plan, à la toute gauche, l’évêque François de Laval, et à genoux devant lui, un moine capucin. Il faut savoir que les premières traces concrètes de l’influence religieuse en Acadie sont liées à ces moines, qui à partir de 1632, exécutent une mission et mènent à bien l’ouverture des premières écoles régulières du territoire. La branche concernée, soit celle des capucins, appartient au premier ordre religieux de la famille franciscaine, une famille de pensée qui prône la pauvreté et la fraternité. Les habits qui les caractérisent, la tunique brune avec, en guise de ceinture, une corde, sont portés, dans cette scène de Labouret, par le moine capucin présent. Bien que la mission de ces moines cesse en 1654, troublée par les Anglais, leur influence subsiste, et il s’agit toujours du principal ordre religieux présent sur le territoire acadien lorsque, en 1678, l’évêque François de Laval érige la première paroisse d’Acadie à Port-Royal.
L’autre personnage identifié dans cette scène de Labouret, Mgr de Laval, est illustré avec une main tenant une crosse et un document qu’il présente au moine capucin. Né en France, ce saint catholique est, à l’époque, évêque de Québec (le tout premier), et c’est à l’occasion d’une longue série de voyages à travers son diocèse, dont le territoire s’étend du fleuve Saint-Laurent au Mississippi, qu’il s’arrête en Acadie. Son travail à Port-Royal se conclut avec l’ouverture de la première paroisse, car fidèle à la relation privilégiée des colons français avec la Vierge Marie, il place l’institution sous sa protection.
Voilà ce qu’illustre cette scène réalisée par Labouret, cette fois encore démonstrative du lien entre l’Acadie et Notre-Dame-de-l’Assomption. Le « Monument de la reconnaissance » justifie encore pleinement son titre, avec la Vierge célébrée par un autre panneau de la verrière, et un autre lien historique unissant le peuple acadien à sa protectrice.
Titre : Plan du fort du Port Royal à la Cadie, par Jean de Labat, 1702
Source : ©Bibliothèques et Archives Canada 2000208627
Titre : Capucin gris
Source : ©Bibliothèques et Archives Canada 1933-158 PIC









