Vitraux des femmes est
Humilité de Marie/Rachel
Ce diptyque met en évidence les liens entre l’Humilité de Marie et Rachel, représentée sur le vitrail de gauche. Dans la Bible, Rachel est l’une des deux femmes de Jacob, fils d’Isaac et de Rebecca, et, surtout, sa préférée.
C’est lorsqu’elle abreuve le troupeau de son père, Laban, que Rachel attire pour la première fois le regard de Jacob. Il tombe amoureux d’elle et forme un accord avec Laban, à l’issue duquel, au bout de sept ans, il est censé obtenir en mariage la main de Rachel. Le soir des noces laisse cependant place à une supercherie : la femme voilée qu’il épouse n’est pas Rachel, mais plutôt sa sœur ainée Léa, que Laban souhaitait marier en premier. Jacob finit tout de même par épouser Rachel, mais cette dernière reste très longtemps infertile, tandis que Léa lui donne quatre fils. Cinq autres enfants s’ajoutent à la progéniture de Jacob, cette fois grâce aux servantes de Léa et de Rachel, avant que Dieu prenne finalement pitié de cette dernière et lui permette d’enfanter deux fils. C’est après la naissance du premier que Jacob et Rachel décident de voler les theraphims de son père, l’hypocrite Laban, qui avait presque gâché leur union par sa tromperie.
Le vitrail de Labouret met en valeur les divers éléments de ce récit. Le passage cité, « Le seigneur se souvint aussi de Rachel et elle enfanta un fils », se réfère à la permission qu’accorde Dieu à Rachel, soit celle d’enfanter finalement. Entre les mains de Rachel est également visible l’un des teraphims dérobés à son père. Le terme teraphim, issu de la Bible, ne possède pas d’exacte définition, mais fait généralement référence à de petits objets de culte gardés chez soi. Ces « divinités domestiques » sont surtout des idoles dédiées à la religion, et essentielles à la transmission de l’héritage.
Du côté de l’Humilité de Marie, la phrase ressortie est la suivante : « Comme j’étais petite, j’ai plu au Très-Haut ». Le Très-Haut, Dieu, permet à Marie d’enfanter son fils puisqu’elle se démarque par son dépouillement d’elle-même et par sa « petitesse ». Elle attire la bienveillance du ciel avec sa candeur et son humilité ; elle gagne, par ses grâces, le cœur de Dieu, comme Rachel gagne, par ses charmes, le cœur de Jacob (Garriguet, 1933, p.29). Garriguet (1933, p.29) remarque que le lien entre ces deux femmes, poussé encore plus loin, s’étend à leurs enfants : le deuxième fils de Rachel écope du nom Benoni (« enfant de ma douleur ») dû aux souffrances qu’elle endure alors qu’elle accouche. La souffrance de Marie se manifeste plutôt lorsque Jésus est sur la Croix, et qu’elle devient « mère de tous les chrétiens » ; chrétiens qui, pour elle, sont ainsi des Benoni.
Garriguet, L. (1933). La Vierge Marie. Paris, France : Pierre Téqui Libraire-Éditeur



