Vitraux des femmes est
Obéissance de Marie/Ruth
Le mystère de Marie évoqué par ce diptyque est celui de l’Obéissance de Marie, avec, à sa gauche, Ruth. Cette femme de l’Ancien Testament est la figure centrale du Livre de Ruth, l’un des ouvrages de la Bible hébraïque.
Le Livre de Ruth relate l’histoire de cette dernière en commençant par celle de ses beaux-parents, Elimélech et Naomi, qui quittent la Judée afin de fuir la famine qui y sévit. C’est au pays de Moab qu’ils s’installent, et c’est en ce lieu que leur fils, Malchon, épouse la Moabite Ruth. À la suite du décès de Malchon, Ruth et sa belle-mère retournent ensemble à la ville de Bethléem, en Judée. Ruth y rencontre Boaz, un prospère propriétaire terrien, alors qu’elle ramasse des épis tombés de ses champs pour Naomi. Cette dernière conseille à Ruth de l’épouser, et un fils naît de leur éventuelle union : Obed, grand-père du roi David, troisième dirigeant de la monarchie d’Israël et auteur principal des psaumes de la Bible. L’œuvre de Labouret illustre l’un des éléments de ce récit : nous y voyons Ruth, tenant des épis de maïs dans ses bras. La phrase choisie, « En quelque lieu que vous alliez, j’irai », se réfère à l’attachement de Ruth pour Naomi, et à sa décision de quitter Moab et de faire du peuple de Judée, son peuple.
Un parallèle clair peut être établit entre l’Obéissance de Marie et Ruth. La citation soulignée, « qu’il me soit fait selon votre parole », est sortie du passage plus long, « Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon votre parole ». Cela fait référence au moment où l’ange Gabriel interrompt la lecture de Marie afin de lui annoncer qu’elle enfantera le fils de Dieu. Le livre dont il est question se situe sur le vitrail, dans les bras de Marie. Cette proclamation, « Je suis la servante du Seigneur », reflète celle de Ruth, qui se déclare elle-même servante de Boaz peu de temps après l’avoir rencontré. Marie et Ruth se rejoignent donc dans leur obéissance et dans la grâce qu’elles y trouvent.



