Vitraux des femmes ouest
Force de Marie/Judith
Ce diptyque montre les parallèles entre la Force de Marie et Judith, héroïne du peuple juif, qui se tient à sa gauche. Le Livre de Judith marque la première intervention de cette femme biblique, dont les exploits font uniquement partie du canon catholique.
Alors que la ville de Béthulie est prise d’assaut par le peuple assyrien du roi Nabuchodonosor, Judith, belle, jeune et veuve, attire l’attention du général ennemi, Holopherne. Ce dernier, charmé, lui lance une invitation : le rejoindre dans sa tente, à la suite d’un banquet. Tirant avantage de la situation et de l’ivresse de Holopherne, Judith le décapite ; elle rétablit ainsi la foi du peuple juif en son Dieu, et les libère de la menace assyrienne. Le vitrail de Labouret illustre la force de Judith et le symbolisme de son geste auprès du peuple juif, avec la citation suivante : « Vous êtes la gloire de Jérusalem, la joie d’Israël, l’honneur de votre peuple ». L’arme utilisée par Judith afin de couper la tête du général est le sabre, qui est bien visible dans ses mains sur ce vitrail.
La Force de Marie est souvent célébrée dans les mêmes termes que celle de Judith, les écrits bibliques faisant référence à l’honneur qu’elles procurent à leurs peuples. Marie, la femme la plus pure et la plus irréprochable de toutes, vainc le péché originel d’Ève en étant plus forte que la tentation du diable. Elle accomplit, par la naissance de son fils, la prophétie de Dieu qui décrète qu’une femme écrasera la tête du serpent tentateur. L’œuvre de Labouret illustre la phrase suivante : « De son pied virginal elle a écrasé la tête du serpent ». Le serpent symbolise le diable, et Marie, par sa chasteté, triomphe face à lui. Nous pouvons donc apercevoir un serpent écrasé sous les pieds de Marie. De façon plus générale, les parallèles entre Marie et Judith s’étendent aux femmes, « types » de Marie, et aux hommes, types de Jésus, écrasant les ennemis de l’Israël biblique, eux types de Satan ou du serpent.



