Vitraux des femmes ouest
Pureté de Marie/Esther
Dans ce diptyque, des liens sont établis entre la Pureté de Marie et à sa gauche, Esther. Cette femme biblique, figure centrale et éponyme du Livre d’Esther, est d’origine juive ; elle est, comme son cousin et père adoptif Mardochée, native du Royaume de Juda.
L’histoire d’Esther débute alors que cette dernière habite à Chouchan, dans l’Empire perse, avec Mardochée. Le roi de Perse, Assuérus, à la recherche d’une femme, tombe sous le charme d’Esther et l’épouse, sans toutefois savoir qu’elle est d’origine juive. Des années plus tard, le grand vizir Haman obtient du roi un décret pour l’extermination de toute la population juive, en réaction à un affront de Mardochée. Ce dernier refusait de se prosterner devant Haman, pourtant important ministre, l’agenouillement devant quiconque autre que Dieu étant interdit par le judaïsme. Au péril de sa vie, Esther intervient auprès d’Assuérus, dévoile son identité juive et réussit à obtenir sa grâce, symbolisée par la remise d’un sceptre d’or. Le roi modifie le décret et permet ainsi aux juifs de se défendre face aux ennemis. Dans le vitrail de Labouret, Esther, reine par son union avec Assuérus, a sur sa tête une couronne et tient entre ses mains le sceptre d’or. La phrase suivante, « Cette loi de mort est pour tous, mais pas pour vous », est visible ; il s’agit des mots prononcés à Esther par Assuérus, en réponse à son geste courageux.
La Pureté de Marie est le moment où l’ange Gabriel rassure Marie lors de l’Annonciation, c’est-à-dire lors de l’annonce de sa maternité divine. La phrase soulignée par le vitrail de Labouret, « Ne craignez pas, vous avez trouvé grâce devant Dieu », est tirée du passage plus long « Ne craignez pas Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu ; voici que vous concevrez et enfanterez un fils, et vous le nommerez Jésus. Il sera très grand et sera appelé le Fils du Très-Haut… ». Esther, qui risque sa vie pour sauver son peuple, se voit libérée d’une loi qui concerne tous les autres alors que Marie, par sa naissance, devient l’exception à la loi stipulant que tous naissent pécheurs. Toutes deux pures et humbles, l’une captiva le Très-Haut, et l’autre, le roi le plus puissant qui soit (Garriguet, 1933, p.30).



