La Réalisation
La neuvième scène de cette verrière, intitulée « La Réalisation », concerne la continuité des événements de la scène précédente. À la suite de la promesse faite par le pape Pie X au peuple acadien, c’est-à-dire la nomination d’un évêque acadien, arrive enfin le moment attendu : la concrétisation de celle-ci. C’est en 1912, deux ans après la promesse de 1910, que le diocèse de Saint-Jean accueille le tout premier évêque acadien, Mgr Édouard Alfred LeBlanc.
Mgr LeBlanc est illustré sur l’œuvre de Labouret, vêtu d’une soutane cérémoniale, coiffé d’une mitre, avec en main une crosse ; en somme, vêtu des insignes de son nouveau titre. Curieusement, à l’époque, la nomination de ce dernier n’atténue pas immédiatement les inquiétudes du peuple acadien qui, fortement nationaliste, espère que son évêque se battra pour sa cause. Mgr LeBlanc, jusqu’alors peu impliqué dans le mouvement national, semble être le choix prudent ; celui qui ne heurtera pas trop le clergé irlandais, et qui tentera d’apaiser les Acadiens vus comme turbulents. Les deux parties du débat lui font subir une forte pression, mais ce sont les espoirs du clergé irlandais qui très rapidement sont déçus. Moins d’un an après son ascension à l’épiscopat, Mgr LeBlanc se range du côté de la cause acadienne et démontre immédiatement son soutien aux revendications du peuple.
En 1912, l’année même de son ordination, il appuie et dirige les efforts de la communauté catholique acadienne, qui tente de se retirer de la paroisse Saint-Bernard. Saint-Bernard est alors desservie presque entièrement par des religieux Anglo-Irlandais, ce qui ne convient plus aux Acadiens. Les réclamations, à la suite de cette séparation, seraient les suivantes : la création d’une paroisse francophone, et la nomination à sa tête d’un prêtre acadien. La verrière créée par Labouret illustre le succès de cette initiative. En 1914, la nouvelle paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption est établie par l’évêque, pour l’Acadie, en reconnaissance à Marie. Ce nom est bien familier, et pour cause : c’est cette paroisse qui se verra ériger plus tard la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption.
Sur le vitrail, on peut donc observer Mgr LeBlanc en train de bénir la pierre angulaire de la crypte église de cette nouvelle paroisse. À ses pieds, la pierre en question, et derrière lui, un personnage représentant le succès de la deuxième partie des revendications acadiennes : Henri Cormier, le premier curé de la paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption. Un curé acadien, pour une paroisse acadienne. Il occupe ce poste pendant 25 ans, avant de décéder en 1938. C’est d’ailleurs en 1938 que commence à se concrétiser le plan de construction de la Cathédrale de l’Assomption, plan auquel Mgr Cormier contribue énormément jusqu’à son décès.
Titre : Premier évêque acadien, Mgr Édouard-Alfred LeBlanc militera pour la nomination au deuxième Acadien à l'épiscopat, Mgr Patrice-Alexandre Chiasson
Source : ©Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson
Titre : L'abbé Cormier, premier curé de la paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption
Source : ©Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson PB1-195a









