Le vitrail traditionnel

Le vitrail traditionnel au plomb, développé surtout au Moyen Âge, est la technique la plus ancienne et la plus répandue de fabrication d’œuvres en verre. Les artisans et maîtres-verriers pratiquant cette technique se servent de feuilles de verre fines (environ 2 à 3 millimètres), et assemblent les pièces avec des baguettes de plomb en forme de « H ».

Le vitrail traditionnel met l’accent sur la finesse du dessin, chaque détail étant soigneusement exécuté par l’artiste. Le trait est d’ailleurs essentiel, puisque les baguettes de plomb font partie intégrante de l’œuvre et restent visibles une fois le panneau terminé. Cette technique se distingue également par sa transparence : le verre, mince, laisse passer la lumière. La couleur est souvent déjà présente dans le verre lui-même, grâce à des oxydes métalliques ajoutés lors de sa fabrication, tandis que les détails peints sur la surface, comme les traits, les ombres et les motifs décoratifs (appelés grisaille ou émaux) sont ensuite fixés par la cuisson du vitrail.

La réalisation d’un vitrail traditionnel au plomb comprend plusieurs étapes :

Esquisse

Avant même de toucher à un morceau de verre, les artistes s’équipent d’abord de crayons pour réaliser une ébauche du vitrail. Ce premier dessin est de taille réduite, peut être travaillé et retravaillé autant que le souhaite l’artiste, et servira de guide pour la confection de l’éventuel panneau de verre.
Dessin préparatoire aux tons neutres présentant un triptyque de baies cintrées pour un vitrail, centré sur le Sacré-Cœur de Jésus rayonnant entouré de personnages en prière et de figures religieuses.

Titre : Esquisse du vitrail de Bauné dédié au Sacré-Coeur - Religieuses du Sacré Coeur de Jésus (19e siècle)
Source : © Musées d'Angers - “Esquisse du vitrail de Bauné dédié au Sacré-Cœur" Livache Victor, René (fils) (1995.20.4.17)

Carton

Le dessin est ensuite reproduit à grandeur nature sur un carton aux mêmes dimensions que l’éventuel vitrail. Il comprend un plan détaillé de tous les détails techniques : la disposition des morceaux de verre, l’organisation du réseau de plomb, les contours des motifs (visages, drapés) ainsi que l’emplacement des barlotières et des vergettes.

Grand carton de vitrail vertical au fusain divisé en sections, illustrant la résurrection du Christ surmontant des soldats endormis et un ange au pied du tombeau.

Titre : Carton du vitrail de la Résurrection par Charles Lorin (1906), chapelle du château d’Anet, Eure-et-Loir, France.
Source : ©Le Passant - Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

Coloration

L’artiste choisit ses couleurs : il sélectionne les feuilles de verre en fonction des teintes et de la luminosité désirées. Ces couleurs sont souvent déjà intégrées au verre grâce aux oxydes métalliques ajoutés lors de sa fabrication, mais certaines pièces sont également peintes à la main.

Vue sur un plan d'assemblage technique de vitrail géométrique, présentant des pièces de verre triangulaires bleues et sombres maintenues par des clous sur le tracé numéroté.

Titre : Table de travail d’un artisan fabriquant des lampes en vitrail de style Tiffany, assemblées au plomb
Source : https://www.istockphoto.com/fr/photo/table-de-travail-dun-artisan-qui-fabrique-des-lampes-%C3%A0-vitraux-coll%C3%A9es-au-plomb-de-gm1385402847-444178245 Référence de la photo : 1385402847 ©Crédits : Mario Elias Munoz Valencia

Coupe du verre

Les pièces de verre sélectionnées sont découpées pour correspondre précisément à la forme tracée sur le carton.

Gros plan sur la main d'un maître verrier ajustant des pièces de verre découpées et un fragment peint du visage d'un personnage sur une table lumineuse d'atelier.

Titre : Coupe de verre par le vitrailliste Serge Rodrigue
Source : ©Ginette Pellerin

Peinture

Les motifs sont appliqués sur les morceaux de verre, toujours selon le plan du carton. Cette peinture, appelée grisaille ou émaux, sert à ajouter des traits, des ombres et des détails fins.

Gros plan sur une main tenant un pot de pigment pour verre de la marque PELI Glass Products, portant l'étiquette « 11999 Purple (transp) » avec des avertissements sur la présence de plomb et les températures de cuisson.

Titre : Exemple de peinture pour verre de l’Atelier du vitrailliste Serge Rodrigue
Source : ©Ginette Pellerin

Cuisson

Les pièces peintes sont cuites à une température généralement comprise entre 600°C et 620°C, ce qui permet à la peinture de se fixer et de s’intégrer au verre.

Vue d'un atelier de verrerie montrant des fours à haute température incandescents et une table garnie de récipients contenant des granules de verre de différentes couleurs.

Titre : Avis de four à verre, Venise, Italie
Source : https://www.istockphoto.com/fr/photo/avis-de-four-%C3%A0-verre-venise-italie-gm837690792-136317095 ©Crédits : elleon Référence de la photo :837690792

Mise en plomb

Une fois cuits, les morceaux de verre sont fixés dans leur monture : ils sont assemblés dans les baguettes de plomb en « H ». Un mastic (mélange adhésif) liquide est glissé sous les ailes de plomb pour s’assurer que le panneau soit complètement étanche. Après la pose du mastic, il est également courant de nettoyer et polir le vitrail pour que le plomb devienne brillant et uniforme.

Gros plan sur les mains d'un artisan utilisant un couteau à plomb pour découper avec précision une baguette de plomb lors de l'assemblage d'un vitrail.

Titre : Gros plan de main de femme faisant le travail du vitrail avec des outils. - Image Libre de Droit
Source : ©Crédits : pixinoo Référence de la photo : 923394316

Pose

Le vitrail terminé est installé à l’endroit prévu, souvent avec une armature pour bien le soutenir.

Plusieurs artisans en tenue blanche installés sur un imposant échafaudage métallique travaillent à la pose et au nettoyage d'une grande verrière géométrique de style Art déco.

Titre : Installation (pose) d’une grande fenêtre en vitrail
Source : © Rojochampion – Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

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