Techniques
des vitraux
Chronologie
Premier âge

Antiquité (Empire romain)
Le verre translucide est utilisé pour fermer les ouvertures des bâtiments, sans le véritable souci artistique associé au vitrail coloré. C’est entre le Ve et le IXe siècle que ces premiers vitraux colorés font leur apparition ; ils sont encore simples, mais déjà, un fort symbolisme est attribué à la lumière.


XIIe siècle
Les textes du moine Théophile et quelques premiers vitraux conservés à Augsbourg, en Allemagne, démontrent que les techniques artistiques du vitrail sont déjà bien établies vers 1100. Au cours du XIIe siècle, le vitrail continue à se développer fortement avec la construction des églises romanes et gothiques. Les images permettent alors l’enseignement religieux aux analphabètes.


XIIIe siècle
L’apogée du vitrail gothique : les fenêtres sont agrandies, les couleurs sont plus profondes, et les grandes rosaces font leur apparition dans les cathédrales.


XIVe - XVIe siècle
Les innovations techniques se multiplient : l’invention du jaune d’argent au XVIe siècle permet d’ajouter des détails colorés sur les vitraux, sans avoir à multiplier les pièces de verre. Le verre blanc est également raffiné et les effets lumineux deviennent plus subtils. Au XVe siècle, les artistes améliorent la perspective et les effets picturaux avec de nouvelles techniques (gravure, sanguine). Ils se mettent à intégrer des influences décoratives venues d’Orient. Lors de la Renaissance, le vitrail devient plus réaliste et commence à tirer inspiration de l’art italien, avec une palette enrichie grâce à l’usage des émaux.


XVIIe - XVIIIe siècle
Au XVIIe siècle, dans l’élan de la Réforme catholique, le goût change : on privilégie la lumière et les vitres claires de l’esthétique classique, ce qui entraîne un recul important du vitrail coloré. Ce dernier finit par disparaître presque complètement au XVIIIe siècle, remplacé en Europe par des vitrages simples.

Premier âge

XIXe siècle
Le vitrail renaît avec la redécouverte du Moyen Âge, et plus particulièrement avec la restauration des cathédrales. Vers la fin du XIXe siècle (et au début du XXe), il devient un élément décoratif dans les maisons et commence à s’intégrer à l’architecture domestique sous l’influence de l’Art nouveau.

Origines de la dalle de verre

20 mars 1871
Naissance d’Auguste Labouret, maître-verrier et mosaïste français reconnu pour sa technique de la dalle de verre.


1911
Richard Arthur Nüscheler réalise des expérimentations combinant verre et structure solide, inspirées du vitrail ancien et de l’architecture moderne, et proches de la dalle de verre.


1915
Nüscheler dépose un brevet pour une « fenêtre de pierre », une technique mêlant verre épais et béton armé, qui pose la base de la future dalle de verre.


Années 1920
Après la Première Guerre mondiale, la reconstruction des édifices religieux et l’usage plus important du béton encouragent la recherche de nouvelles formes de vitrail. Les artistes cherchent également à moderniser l’art sacré.


1925
Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes : le style Art déco commence à favoriser des formes artistiques simplifiées et modernes, ce qui influence les avancées en vitrail.

Naissance de la dalle de verre

1929
Jean Gaudin met au point les premières réalisations en dalles de verre épaisses, inspirées de la mosaïque. Il les nomme « mosaïques transparentes », ou « mosaïques lumineuses ».


Début des années 1930
Gaudin se met à collaborer avec les ateliers Albertini, qui sont à l’époque les seuls à produire le verre épais nécessaire à cette nouvelle technique. Auguste Labouret commence à s’imposer comme figure majeure du vitrail moderne.


1933
Labouret dépose un brevet officiel pour le « vitrail en dalle de verre cloisonnée en ciment » : c’est la naissance officielle de la dalle de verre.


1935-1937
D’autres artistes, comme François Décorchemont, explorent la pâte de verre et enrichissent les possibilités esthétiques de la technique moderne du vitrail.


1937
L’Exposition internationale des Arts et des Techniques marque la reconnaissance officielle du vitrail moderne et de ses innovations. Les techniques nouvelles sont mises de l’avant (verre plus épais, couleurs plus franches et composition plus libre) et le vitrail n’est plus seulement religieux : il apparaît aussi dans des bâtiments civils et des pavillons modernes.

Diffusion et premières grandes œuvres

Années 1930
La dalle de verre se diffuse en Europe, notamment en Suisse avec Alexandre Cingria. La technique s’adapte bien à l’architecture en béton de plus en plus commune.


1938-1945
Auguste Labouret réalise un ensemble monumental de vitraux (240) à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, au Québec.


1939-1945 (Seconde Guerre mondiale)
La guerre mène à l’interruption des activités artistiques et du développement de la dalle de verre.

Âge d’or de la dalle de verre

Années 1950
Avec la reconstruction d’après-guerre, l’art du vitrail prend à nouveau en ampleur, et est de plus en plus intégré à l’architecture moderne.


1955
Auguste Labouret réalise dix diptyques en dalle de verre pour la nef de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Moncton, à l’occasion du bicentenaire de la déportation acadienne. Chaque vitrail représente une femme de l’ancien testament.


Années 1950-1980
Période d’apogée de la dalle de verre : elle est alors largement utilisée dans les églises et les bâtiments publics en Europe et en Afrique du Nord. À partir de 1950, les grands ensembles verriers où la lumière participe directement à l’espace architectural sont popularisés. Les réalisations religieuses et civiles en dalle de verre se multiplient au cours des décennies suivantes. Dans les années 1960, de nouveaux matériaux font leur apparition, dont la résine, qui remplace progressivement le ciment. Le vitrail devient un élément architectural à part entière (mur-vitrail).

Déclin et renouveau

Années 1980
La dalle de verre devient moins populaire, en partie à cause des changements de goût artistiques qui favorisent des techniques plus légères, comme la résine époxy.


Années 2000
La technique de la dalle de verre connaît un regain d’intérêt, notamment dans une perspective patrimoniale.

Influence et artistes contemporains

1961
Claude Roussel découvre en Europe la technique développée par Auguste Labouret.


1963
Roussel réalise une œuvre en dalle de verre à l’Université du Nouveau-Brunswick, marquant son appropriation de cette technique. Il travaille notamment sur la fusion entre dalle de verre et sculpture.


XXIe siècle (aujourd’hui)
Le vitrail continue d’évoluer avec de nouveaux matériaux et approches, tout en s’inspirant des techniques traditionnelles, comme la dalle de verre. Bien qu’elle ne soit plus dans son âge d’or, la dalle de verre demeure toujours bien vivante.
