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Auguste
Labouret

Diverse, innovatrice, et surtout colossale, l’œuvre du maître-verrier et mosaïste français Auguste Labouret porte les marques de la passion et de l’acharnement hors-normes de son créateur. C’est dans de multiples pays, à travers plusieurs décennies et pour d’innombrables constructions que ce dernier partage son savoir-faire — un travail monumental dont la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption fait fièrement partie.

Naissance de la dalle de verre

Après quatre ans de combats, la France émerge victorieuse, mais ravagée de la Grande Guerre : c’est ainsi que s’impose à Labouret le mandat qui, aujourd’hui encore, l’immortalise comme véritable « gargantua du vitrail » (Plessis, 2018). En 1919, l’Administration française des Beaux-Arts fait appel à son expertise. On le charge alors d’établir un rapport détaillé de l’état des verrières détruites en France lors de la guerre. Son œuvre, déjà importante, s’enrichit d’une nouvelle facette : l’innovation.

Photographie montrant la basilique de Saint-Quentin grand édifice gothique fortement endommagée par des bombardements, entourée d'un quartier d'habitations en ruines et dévasté.

Titre : Ruines de la basilique de Saint-Quentin , France 1918
Source : Lt. Edward O. Harris (United States Army) - Wikimedia Commons, domaine public

Lors des quatorze années suivant la demande de l’Administration, Labouret voyage, étudie et se spécialise en restauration du vitrail. Les connaissances exceptionnelles qu’il accumule lors de son mandat le mettent à part des autres maîtres-verriers de son époque. Il apporte son expertise de restauration et de création aux cathédrales d’Amiens et de Troyes, aux basiliques de Saint-Quentin et de Saint-Nicolas-de-Port, et aux églises de Paris, du Finistère, de Rouen et de l’Eure, parmi d’innombrables autres édifices. Son travail, long et ardu, évolue au fil de ses recherches : désormais, au-delà de la restauration, c’est sur la prévention qu’il se penche. En 1933, il dépose en France le brevet no 756065, soit celui de la dalle de verre cloisonnée de ciment — une nouvelle technique de vitrail qu’il crée lui-même. Contrairement au vitrail traditionnel assemblé au plomb, la dalle de verre est solide, massive et stylistiquement unique. Le verre est épais et l’armature de ciment s’apparente au béton armé, une combinaison qui, à en croire Labouret, permettrait au vitrail de résister au feu et à l’usure du temps, ce pour plus de 1000 ans.

Document officiel de la République française présentant un brevet d'invention accordé en 1933 à Auguste-Jean-Augustin Labouret pour un procédé de fabrication de vitraux en ciment armé.

Titre : Brevet original de la dalle de verre (FR756065), déposé par Auguste Labouret en 1933
Source : Office européen des brevets (EPO) - Espacenet
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